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Topic: Les Dix Commandements contre la circoncision< Next Oldest | Next Newest >
Sigismond Offline





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Joined: Mar. 2003
Posted: 07 Sep. 2007,12:59 QUOTE

LES DIX COMMANDEMENTS CONTRE LA CIRCONCISION
(Les Dix Commandements et le droit à la propriété du corps)


Les méthodes violentes d'éducation : coups  , circoncision, sont la norme dans la Bible. Aussi l'abolition de la circoncision pendant le règne de Moïse est-elle un fait peu connu. Il est pourtant historiquement avéré puisque la coutume ne fut remise en vigueur qu'après sa mort, à Gilgal, et que lorsque la Bible parle de recirconcision à cette occasion, c'est tout simplement parce que la première était la circoncision mosaïque, circoncision du cœur. De plus, le livre de l'Exode conte que la circoncision du fils de Séphora fut opérée contre la volonté de son père :

"Pendant ce voyage, il (Moïse) s'arrêta dans une hôtellerie ; le Seigneur l'aborda et voulut le faire mourir (s'il ne faisait pas circoncire son fils). Séphora saisit un morceau de silex, retrancha l'excroissance de son fils et la jeta à ses pieds (du Seigneur) en disant (à son fils et à son mari) : "Est-ce par le sang que nous sommes unis ?" Le Seigneur le laissa (Moïse) en repos. Elle dit alors: "C'est par le sang que nous sommes unis, à cause de cette circoncision." (4 : 24-26, rabbinat français. Paris : Les éditions Colbo ; 1966)

Ces versets montrent que le pharaon (Adonaï, Aton) essayait de garder le contrôle des fugitifs et d'assurer son pouvoir par la circoncision. Séphora sauva la vie de Moïse en circoncisant son fils et, folle de rage, réconforta ses hommes en bravant le pharaon par un geste insultant et une parole qui narguait l'intention des circonciseurs : soumettre l'enfant en le séparant de ses parents. Cette parole fit de cette circoncision une alliance contre pharaon et la circoncision. Mais l'enfant fut traumatisé à tel point que, quarante ans plus tard, il ordonna le crime collectif à Gilgal, prélude direct à Jéricho, le premier génocide de l'histoire. Car Moïse savait très bien pourquoi il refusait la circoncision :

"La durée de notre voyage… avait été de 38 ans. A cette époque, toute la génération guerrière avait disparu… " (Deutéronome, 4 : 14, rabbinat français)


Le Deuxième (*) Commandement dans le livre de l'Exode
abolit la circoncision

Le souci de condamner la circoncision de son fils fut vivement présent chez l'auteur des Dix Commandements. Ce fut un père humilié, blessé dans la chair de sa chair et dans sa dignité, qui prononça solennellement devant le peuple le premier grand discours juridique de l'histoire, première déclaration des devoirs et droits de l'homme, à valeur universelle, base de l'éthique élémentaire et des systèmes juridiques (**). La nouvelle Alliance respecte le corps humain : "Tu ne tueras pas." Elle abolit parallèlement la loi d'Abraham de soumission par la terreur et condamne la circoncision dès le Deuxième Commandement :

"Tu ne te feras point d'idole, ni une image quelconque de ce qui est… en bas sur la "terre." (20 : 4, rabbinat français)

Car en faisant du phallus un fétiche et une idole, la circoncision réalise une image indécente sur le corps de l'homme. Adorateurs du phallus, les Égyptiens la pratiquaient et l'avaient imposée aux Juifs en signe d'esclavage. Ayant libéré les Juifs, Moïse ne pouvait tolérer que certains perpétuent la coutume aussi barbare que païenne, sacrifice humain et sanglant hommage au polythéisme, aux divinités archaïques, telluriques, de fertilité et de procréation. Il dénonce les versets 17-10 à -14 de la Genèse. Mahomet l'imitera dans les versets 2 : 124 et 4 : 118-119 du Coran. Un "dieu jaloux" ne peut admettre l'idolâtrie du phallus.
Mais les commentateurs orthodoxes du verset suivant:

"Car moi, l'Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui poursuis le crime des pères sur (commis sur) les enfants (banim, pluriel de ben, signifie habituellement "fils") jusqu'à la troisième et quatrième génération (grands-pères et arrière-grand-pères, plus avant c'est impossible)" (20 : 5, rabbinat français)

font une interprétation toute différente, comme si le texte disait :

"… qui poursuis les enfants pour le crime des pères..."

Cela au prix de deux erreurs. Premièrement, on ne poursuit pas un crime sur quelqu'un, on poursuit quelqu'un pour un crime. Deuxièmement, en traduisant "banim" par "enfants" – traduction possible dans de rares contextes – plutôt que par "fils", ils excluent le sens véritable qui abolit la circoncision. Ce n'est donc pas Moïse qui a mal rédigé le Deuxième Commandement. Ce sont les rabbins qui – très probablement délibérément – l'ont mal interprété en introduisant un double sens inexistant, pour celer que "le crime des pères sur les fils" est la circoncision perpétrée sur la personne des fils.
Cependant, lorsqu'il dicte ses Commandements à son peuple, l'Éternel ne s'amuse pas à des double sens. Or ici au Sinaï, le contexte historique est celui de l'abandon de la circoncision jusqu'à Gilgal. En conséquence, seule la mauvaise foi des fanatiques de la circoncision a pu tirer le texte dans un contresens que personne n'aurait jamais dû aller imaginer. Car pour rétablir la circoncision, les rabbins, dénaturant le texte sacré, ont dissimulé le véritable sens du Second Commandement. La manipulation des fidèles est flagrante et, de la part de législateurs, qualifiable du crime d'atteinte à la confiance publique. La seule circonstance atténuante est un déni pathologique de la réalité du sens du Second Commandement, dû à une foi aveugle dans le commandement d'Abraham et au profond traumatisme psychologique provoqué par sa mise en œuvre. Il est effectivement grand temps d'y mettre fin.
Car un Dieu jaloux l'est aussi de sa propre création et ne peut pas supporter son altération par l'homme se prenant pour Dieu ; le "crime des pères sur les fils" est la circoncision que Moïse qualifie délibérément de crime. En effet, s'il s'agissait de condamner la criminalité ordinaire, l'idée d'un Dieu injuste, qui punirait les enfants irresponsables des crimes des pères, est insupportable. De plus, dans cette hypothèse, pourquoi devrait-il être question d'un seul crime et pourquoi la vengeance s'arrêterait-elle à la quatrième génération (la folie d'Hitler a sinistrement copié sur les rabbins, et amplifié, leur interprétation), pourquoi enfin parler de jalousie ?
Notre interprétation est enfin fortement renforcée par le verset suivant, quelques lignes seulement plus loin :

"Si toutefois tu m'ériges un autel de pierres, ne le construis pas en pierres de taille car, en les touchant avec le fer, tu les as rendues profanes." (20 : 22, rabbinat français)

Moïse illustre par cette image que la coutume païenne désacralise le corps de l'homme en offensant Dieu.
En abolissant le commandement d'Abraham, le Deuxième Commandement fait du droit à l'intégrité physique le premier des droits de l'homme. On peut même penser que dans le Troisième Commandement qui vient juste après cette condamnation de la circoncision :

"Tu n'invoqueras point le nom de l'Éternel ton Dieu à l'appui du mensonge... ", (20 : 7, rabbinat français)

Moïse reproche à Abraham d'avoir parjuré en prétendant que Dieu lui aurait prescrit la circoncision.


Le Deutéronome aussi exclut la circoncision

L'exégèse moderne   estime que le Deutéronome fut écrit sous la direction de Moïse avec une grande unité de style (à la différence des autres livres de la Bible). Il ne condamne pas explicitement la circoncision ; il se contente de ne pas en dire un seul mot et, contrairement à d'autres livres de la Thora, il ne parle pas d'exclure les "non circoncis" du temple et du repas de Pâques. Par contre, il insiste sur le fait que la seule condition de la nouvelle Alliance est le respect des Dix Commandements. En effet, en les introduisant (*), il prend soin de dire :

"Tout ce que je vous prescris, observez-le exactement, sans rien y ajouter,... " (13 : 1, rabbinat français)

Nous sommes en présence du Commandement préliminaire, celui qui interdit tout ce qui ne figure pas dans les suivants, et donc la circoncision.

Le Deutéronome parle par la suite à treize reprises (4 : 5, 4 : 8, 4 : 14, 4 : 45, 5 : 7, 5 : 31, 6 : 1, 6 : 20, 7 : 11, 7 : 12, 8 : 11, 11 : 1) des "lois et des règles… " (4 : 1, Rabbinat français) qu'il préconise mais la circoncision n'y figure pas plus que dans les Dix Commandements. Elle ne figure pas non plus dans les règlements des versets 12 : 1 à 27 : 26. C'est d'ailleurs dans ces mêmes règles qu'il recommande, non sans humour :

"Tu te feras des glands aux quatre coins de la couverture dont tu te couvriras." (22 : 12, Bible œcuménique)

Dans les règles qui suivent, d'une part Moïse exclut les signes physiques distinctifs ; la consécration du peuple juif à la divinité ne l'autorise pas à se distinguer par des signes extérieurs grossiers :

"Vous êtes les enfants de l'Éternel, votre Dieu : ne vous tailladez point le corps, ne vous rasez pas entre les yeux, en l'honneur d'un mort. Car tu es un peuple consacré à l'Éternel, ton Dieu, et c'est toi qu'il a choisi, l'Éternel, pour lui être un peuple spécial entre tous les peuples répandus sur la terre." (14 : 1, rabbinat français),

d'autre part il montre sa défiance envers les derniers survivants (circoncis) de la vieille génération belliqueuse :

"Celui qui a les génitoires écrasées ou mutilées ne sera point admis dans l'assemblée "du Seigneur." (23 : 2, rabbinat français)
Pour signifier l'abolition de la loi d'Abraham, il précise :

"Ce n'est pas avec nos pères que l'Éternel a contracté cette alliance, c'est avec nous-"mêmes, nous qui sommes ici aujourd'hui, tous vivants." (5 : 3, rabbinat français)

Il n'ignore pas l'ancienne Alliance :

"… il n'oubliera point l'alliance de tes pères… " (4 : 31, rabbinat, français)

mais semble se référer à la version du chapitre 15 de la Genèse, qui ne mentionne pas la circoncision, plutôt qu'à celle du chapitre 17.
Moïse explicite ensuite la grande différence de nature entre les deux lois, différence qui condamne l'Alliance abrahamique par la soumission :

"C'est face à face que l'Éternel vous parla... " (5 : 4, rabbinat français),

alors qu'Abraham avait gardé la face contre terre, la nouvelle Alliance est un véritable pacte d'égal à égal, dans lequel Moïse a obtenu de pharaon l'abolition de la circoncision :

"Et maintenant, ô Israël, ce que l'Éternel, ton Dieu, te demande uniquement, c'est de révérer l'Éternel, ton Dieu, de suivre en tout ses voies, de l'aimer, de le servir de tout ton cœur et de toute ton âme, en observant les préceptes et les lois du Seigneur que je t'impose aujourd'hui, pour devenir heureux." (10 : 12-13, rabbinat français)

Les deux Alliances sont incompatibles. Par contre Moïse prescrit la circoncision "du cœur" :

"Circoncisez donc votre cœur, ne raidissez plus votre nuque."
       (10 : 16, rabbinat français)

Invitant les Hébreux à se relaxer, Moïse souligne un symptôme typiquement obsessionnel, signe de fierté, certes mais aussi de détresse émotionnelle, d'une crainte de la décapitation, de la castration totale, de l'impuissance.
Cette "circoncision" est concédée par Dieu comme une grâce :

"Et l'Éternel, ton Dieu, circoncira ton cœur et celui de ta postérité pour que tu aimes l'Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme, et assures ton existence."
       (30 : 6, rabbinat français)

La mention de la descendance, référence à l'Alliance avec Abraham, est significative du remplacement de la circoncision du corps par celle du cœur.

En faisant du respect de la loi naturelle la seule exigence du pacte avec la divinité, Moïse a aboli la circoncision. L'époux de Séphora la bédouine garda son peuple dans le désert pendant quarante ans ; il aimait la vie des nomades. Il est aussi probable que l'auteur des Dix Commandements répugnait au génocide impliqué par l'installation dans le pays de Canaan.
Pour conclure ce rappel biblique, Dieu ne peut pas à la fois avoir fois ordonné la circoncision à Abraham et accepté de la condamner vis-à-vis de Moïse. Comme nous l'ont révélé Messod et Roger Sabbah  , le dieu en question ne pouvait être que le pharaon égyptien, homme divinisé, puis un de ses successeurs pour la deuxième Alliance. L'archéologue Madame Desroches-Noblecourt vient d'apporter un fleuve à la thèse des frères Sabbah : on a retrouvé une transcription des Dix Commandements dans un tombeau de l'époque des pyramides  . Serait-ce la tombe du pharaon Moïse, Ramsès Ier, Ra-Mesou (Mesou pour Moïse), selon les explications des frères Sabbah ?
Notre restitution du sens profond de la deuxième Alliance, alliance par la parole plutôt que par l'ablation de la chair, situe la chrétienté dans le droit fil du judaïsme authentique, modéré, adversaire et martyre de l'extrême-droite lévitique. Cette dernière tolère les philosophes (Spinoza, Marx, Freud), elle massacre les leaders religieux ou politiques (Moïse, Jean-Baptiste, Jésus, Rabin). Elle situe aussi la circoncision comme une insidieuse technique de domination des masses, criminalité d'état contre l'humanité.
Voici quatre millénaires que certaines cultures, pour dominer la population par un traumatisme provoquant une profonde culpabilité sur la vie sexuelle (le "péché originel"), ignorent la loi mosaïque garantissant le respect du corps humain et du droit de la personne humaine à sa propriété et sa liberté. Les revendications acerbes de droit à la liberté des cultes et d'un respect des cultures ignorant de celui des droits de l'enfant ont favorisé une véritable intimidation qui a interdit aux gouvernements et aux tribunaux de condamner en bloc les mutilations sexuelles infantiles quel que soit le sexe de l'enfant. Ce n'est qu'en 2006 qu'un tribunal correctionnel Finlandais  ,   a suivi les réquisitions du ministère public pour mettre la circoncision au rang de la criminalité de droit commun, sans qu'une peine soit prononcée. Encore fallut-il que l'enfant fût défendu par un de ses deux parents car rien n'aurait été fait sans cela ! Alors que la lutte contre les mutilations sexuelles infantiles est principalement le fait de l'initiative privée (*), le droit positif des démocraties et de la déclaration universelle des droits de l'homme en ce domaine gagnerait à revenir à la lettre des Dix Commandements.

Sigismond
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Edited by Sigismond on 15 June 2009,15:47
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Posted: 07 Sep. 2007,13:03 QUOTE

notes :

1  Martin S. Thy Rod and thy staff they comfort me, Christians and the spanking controversy. Sorensic; 2006.
(*) numérotation rabbinique
(**) Moïse fut aussi le fondateur d'un des tout premiers systèmes juridictionnels à deux échelons. Cependant, les limites du leader charismatique qui d'un côté rassemblait son peuple pour lui réciter des poèmes, de l'autre n'hésitait pas à commettre le génocide des peuples qu'il rencontrait sur sa route, sont évidentes. Une loi formulée à la deuxième personne est celle d'un dictateur qui, s'affirmant Dieu, se réserve le droit de la violer.

2  cf. l'article "Bible" de l'Encyclopaedia Britannica
(*) Un Onzième Commandement synthétise les premiers : "Tu aimeras l'Éternel ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir." (6 : 5, rabbinat français). Jésus-Christ n'a fait que l'interpréter de façon extensive en recommandant : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

3  Les secrets de l'exode. Paris : Jean-Cyrille Godefroy ; 2000.
4   Figaro Magazine. 13 mai 2005, n° 18902.
5
http://www.hs.fi/english....0958830
6  
http://www.france.fi/article.php3?id_article=1142 - CIRCONCISION (site de l'ambassade de France en Finlande)
(*) www.nocirc.org, enfant.org
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Posted: 07 Sep. 2007,13:05 QUOTE

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